La nocivité des déchets radioactifs


Les déchets radioactifs se désintègrent. Leur nocivité diminue ainsi progressivement. Les déchets sont confinés dans un dépôt en profondeur sous la surface de la Terre doté de plusieurs barrières de sûreté. L’Homme et l’environnement sont ainsi protégés de l’exposition aux rayonnements.

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La composition des déchets radioactifs est connue : ils sont constitués de différents atomes radioactifs. Il est dès lors possible de calculer le temps nécessaire à la décroissance de la radioactivité pour différents types de déchets. En raison de la désintégration des éléments qui les composent, la nocivité des déchets diminue progressivement. Avec le temps, les substances radioactives retrouvent des valeurs proches du niveau naturel. Toutefois, la vitesse de leur décroissance radioactive varie selon leur nature.

Combien de temps faut-il confiner les déchets radioactifs ?


Au bout de 30 000 ans environ, la « toxicité » liée aux rayonnements (ou radiotoxicité) des déchets de faible et de moyenne activité est comparable à celle des roches granitiques. Dans le cas du combustible usé contenant de l’uranium, il faudra attendre 200 000 ans pour atteindre ce seuil.

Pendant cette période, l’environnement doit être protégé des déchets radioactifs. Le stockage dans des formations géologiques stables garantit la sûreté sur les échelles de temps nécessaires. Il s’agit d’un fait reconnu au niveau mondial. C’est pourquoi les déchets doivent être stockés dans un dépôt dit « en couches géologiques profondes ».

Éviter un rayonnement trop important


Les substances radioactives émettent des rayonnements ionisants susceptibles de rompre les liaisons chimiques entre les atomes. L’impact sanitaire est plus élevé en cas d’incorporation de substances radioactives que lors d’une exposition externe à leur rayonnement. Les substances radioactives absorbées se désintègrent dans le corps et peuvent ainsi modifier les tissus cellulaires environnants et donc – en cas d’exposition trop importante aux radiations (c’est-à-dire dose de radiation) – endommager directement les organes. Ce phénomène peut causer des maladies graves sur le long terme, comme le cancer.

Un confinement sûr grâce à une série de barrières

Dans le dépôt en profondeur, les déchets sont confinés par une série de barrières de sûreté. Celles-ci comprennent :

  • les conteneurs abritant les déchets (conteneurs de stockage)
  • le matériau (la bentonite) avec lequel les galeries de stockage sont remblayées
  • les couches rocheuses entourant le dépôt

Ces barrières empêchent que des quantités trop élevées de substances radioactives ne soient transportées par l’eau jusqu’à la surface du sol. C’est la raison pour laquelle un dépôt en profondeur doit être aménagé dans une roche aussi imperméable que possible. En Suisse, les argiles dites à Opalinus servent de roche d’accueil. Elles sont largement imperméables à l’eau, possèdent une capacité d’autocicatrisation naturelle et peuvent fixer les substances radioactives. Cette roche argileuse est par conséquent la plus importante barrière géologique du dépôt en couches géologiques profondes.

Des objectifs de protection très stricts en Suisse


Un dépôt en profondeur doit assurer une protection durable de l’Homme et de l’environnement, c’est à dire offrir une « sûreté à long terme ». Les autorités ont défini des objectifs et critères de protection correspondants. Il ne doit pas émaner d’un dépôt en profondeur scellé une charge radioactive trop élevée pour l’Homme. Dans les exigences en matière de sûreté, un critère de protection de 0,1 millisievert par an a été fixé. Cette valeur correspond à moins d’un cinquantième de l’exposition annuelle totale en Suisse.

Les experts scientifiques de la Nagra ont démontré avec transparence, à l’aide d’analyses de sûreté, qu’il était possible d’atteindre les objectifs de protection grâce à la série de barrières de sûreté prévues. Ces barrières retiennent pratiquement toutes les particules radioactives de façon efficace et à long terme. Toutes les doses calculées se situent bien en dessous de l’objectif de 0,1 millisievert par an, même en partant d’hypothèses très pessimistes.

Combien de temps dure la décroissance de l’activité des déchets nucléaires ?


Au bout de 200 000 ans, l’activité radioactive des combustibles usés devient comparable à celle de l’uranium naturel utilisé à leur fabrication.

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