Comment imaginez-vous les déchets radioactifs ?
Peut-être un jus vert fluorescent dans des fûts jaunes ? De telles idées reçues sont largement répandues. Nous les devons notamment aux Simpson. Les événements de Springfield n’ont – heureusement – pas grand-chose à voir avec la réalité. Et d’ailleurs, d’une manière générale : il y a déchets radioactifs et déchets radioactifs.
Un aperçu des déchets radioactifs de la Suisse, de leurs caractéristiques et de leur origine.
Ils sont tous dangereux
Peu importe qu’on les appelle résidus nucléaires ou déchets radioactifs : ces substances sont dangereuses, car elles émettent un rayonnement ionisant – dans le langage courant, on parle de radioactivité.
C’est la raison pour laquelle la population et l’environnement doivent être protégés de ces substances. La Suisse a une solution pour cela : le stockage dans un dépôt en couches géologiques profondes.
Tout d’abord, il faut distinguer les déchets hautement radioactifs (aussi appelés de haute activité DHA) et les déchets faiblement et moyennement radioactifs (aussi appelés de faible et de moyenne activité DFMA).
Comme troisième catégorie, on cite parfois les déchets alphatoxiques (DAT). Il s’agit de déchets particuliers, présents seulement en très petites quantités : ces déchets présentent un rayonnement alpha plus important. Il est facile de faire écran à ce type de rayonnement. En revanche, ces émetteurs alpha ont généralement des demi-vies particulièrement longues. Autrement dit : ils ne se désintègrent que très lentement et émettent donc un rayonnement très longtemps.
Les barres de combustible issues des centrales nucléaires rayonnent certes mais ne sont pas pour autant lumineuses.
Les déchets hautement radioactifs sont produits par les centrales nucléaires. Il s’agit principalement d’éléments combustibles usés. Ils sont nettement moins spectaculaires que ce que l’on peut voir chez les Simpson : ils ne sont ni verts, ni lumineux. Mais ils sont bien dangereux : la radioactivité des éléments combustibles usés mettra environ 200 000 ans pour retrouver un niveau naturel.
Quant à savoir pourquoi la radioactivité est souvent illustrée comme fluorescente, on ne peut que spéculer. Une explication possible : la radioactivité est invisible, mais dangereuse. Dans les films et les bandes dessinées, il s’agit de rendre ce danger visible. D’où une figuration sous forme de rayonnement lumineux – le plus souvent de couleur verte.
La barre d’uranium verte a depuis toujours un rôle de choix chez les Simpson
Les déchets hautement radioactifs ne représentent qu’environ dix pour cent du volume de l’ensemble des déchets radioactifs de la Suisse. Mais ils sont responsables de 99 pour cent de la radioactivité et produisent beaucoup de chaleur.
La plus grande partie des déchets radioactifs de la Suisse est toutefois constituée de déchets faiblement et moyennement radioactifs.
Les fûts jaunes – et les autres…
Nonante pour cent des déchets radioactifs de la Suisse sont faiblement et moyennement radioactifs. Ils proviennent majoritairement des centrales nucléaires. Ce sont, par exemple, des résidus du traitement des eaux, des vêtements de protection ou des outils contaminés. À cela s’ajoutent les déchets résultant de la désaffectation des centrales nucléaires, actuels et à venir.
La médecine, l’industrie et la recherche produisent également des déchets radioactifs. Ceux-ci relèvent de la compétence de la Confédération.
Les déchets faiblement et moyennement radioactifs produisent moins de chaleur. De plus, la plupart des substances radioactives de ces déchets se désintègrent plus rapidement. Il faut malgré tout environ 1000 ans pour que la radioactivité de la plupart de ces substances diminue jusqu’à un niveau inoffensif.
Mais qu’en est-il des fûts jaunes ?
Eh bien, ils existent vraiment. Mais on utilise encore beaucoup d’autres conteneurs. Tous les déchets radioactifs ne finissent donc pas dans les fameux fûts jaunes, loin de là.
Autre point très important : il n’y aura jamais de fûts en vrac dans un dépôt en profondeur suisse. Les fûts sont d’abord soigneusement placés dans de grands conteneurs en béton, et les vides sont comblés avec du mortier de ciment. Ce n’est qu’après cela qu’ils sont stockés dans le dépôt en profondeur.
Certains déchets sont fondus à l’aide d’une torche à plasma pouvant atteindre une température de 20 000 degrés. Cela ne réduit pas leur radioactivité et les fait encore moins disparaître, mais permet de réduire sensiblement leur volume.
Pendant cette opération, du verre est ajouté aux déchets fondus. Lors du refroidissement, on obtient ainsi un corps solide – vitrifié –, idéal pour le stockage. Une autre idée fausse largement répandue concerne la fuite de liquides radioactifs. Cependant, les déchets radioactifs de la Suisse sont tous mis sous forme solide.
Le jus vert qui s’échappe des fûts n’existe tout simplement pas. Et c’est bien ainsi.
Während dem Verbrennen wird den geschmolzenen Abfällen Glas beigemischt. Dadurch entsteht beim Abkühlen ein fester Körper – ideal für die Entsorgung. Ein weiteres Bild, das sich nämlich in vielen Köpfen festgesetzt hat, sind auslaufende Flüssigkeiten. Die radioaktiven Abfälle der Schweiz werden jedoch allesamt in feste Form gebracht.
Die grüne Kloake, die aus dem Fass tropft: Es gibt sie definitiv nicht. Und das ist auch gut so.
Illustrations : 20th Century Fox Television / ZWILAG / IA